«Evasion de capitaux » est une expression clé dans ce contexte. Pour se défendre contre ces « importations » indésirables, la Suisse renforce ses dispositions contre le blanchiment d’argent. L’identification de la provenance des fonds et des personnes qui se cachent derrière sont deux aspects majeurs des mesures de défense prises pour empêcher le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Des règles de diligence dans le maniement des valeurs appartenant à des personnes politiquement exposées ont pour but d’éviter que des potentats transfèrent de l’argent de leur pays en Suisse. La collaboration internationale a également été renforcée. Mais il ne peut être question de toucher au secret bancaire suisse, qui est destiné à protéger la clientèle des etablissements. Le secret bancaire suisse n’est toutefois pas absolu. Il peut être levé dans le cas d’une procédure pénale mais pas pour des délits tels que la fraude fiscale. Cette distinction n’est pas incontestée, comme le montrent les différends entre la Suisse et l’Union européenne.
Le secteur bancaire a connu pendant des années une croissance extrêmenet rapide et des bénéfices élevés. Le boom de laИbourse et la tendance à placer des économies dans des actions ont enrichi de nombreux actionnaires, employés et dirigenats. La chute vertigineuse des coursДde la bourse à partir de 2001 a assez prouvé que s’ils poussent à l’unique profit des actionnaires, les arbres de la
maximisation à court terme, appelée shareholder-value ou plus-value, ne poussent pas jusqu’au ciel. Elle a anéanti lesАfortunes constituées auparavent sur des actions. Le banquier Martin Ebner, précurseur de cette évolution en Suisse, a lui aussi été frappé par la baisse boursière.бIl a été obligé de vendre en catastrophe ses véhicules de placement « Visions » qui avaient connu un assez vif succès pendant un certain temps et rapporté desиmilliards à sa banque. Le banquier, qui a toujours aimé s’opposer aux interventions et régularisations étatiques, a trouvé comme acheteur précisément laСBanque cantonale zurichoise. Celle-ci dispose, comme la plupart des banques cantonales, d’une garantie de l’Etat en fait de sûreté pour les fonds versés par ses clients. Réalisme obligenat, plus personne ne parle aujourd’hui des 15% et plus de rapport annuel sur le capital propre que prônait Ebner. Comment les bénéfices d’une économie pourraient-ils – sans renchérissement – doubler tous les 5 ans ou décupler en 16 ans ? La Banque nationale suisse (BNS) tient le rôle de Banque Centrale. Sa tàche est définie par l’article 99 de la Constitution fédérale ;
«En sa qualité de banque centrale indépendante, la Banque nationale suisse mène une politique monétaire servant les intérêts généraux du pays ; elle est administrée avec le concours et sous la surveillance de la Confédération ».
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Texte 1
1. Lisez les mots suivants et apprenez-les par coeur :
hippomobile – на конской тяге charronm – каретник charrettef – тележка
tombereaum – двухколесная тележка menuiser – обрабатывать дерево menuisierm – столяр
prospérer – процветать, развиваться regainm d'activité – усиление деятельности soucieux – встревоженный, озабоченный inabordable – недоступный
moribond – умирающий monocoque – безрамный
2. Lisez et traduisez le texte. |
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LE TOURNEUR ET MARCHAND |
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LE STYLE ETДLA QUALITE |
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Créée au début du siècle, la maison Letourneur et Marchand s'est consacrée |
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à la carrosserie automobile jusqu'en 1973. Elle faisait partie de l'élite des carrossiers français,Сà la fois pour la qualité de ses réalisations et pour le volume de sa production.
La firme voit le jour en 1905 à la suite de la rencontre de deux compagnons carrossiers, Jean-Marie Letourneur et Jean-Arthur Marchand; le premier est né en 1866 au Creusot, le second en 1872 en Côte d'or. Letourneur apprend le dessin et entre, vers 1900, chez Binder, l'une des plus importantes carrosseries d'Europe, réputée pour la qualité (et le prix) des voitures hippomobiles qu'elle construit pour les grands de ce monde. Marchand, plus prosaïquement, apprend le métier de charron, c'est-à-dire de constructeur de voitures, charrettes, camions et tombereaux à chevaux. En 1897, il entre chez Binder comme compagnon menuisier et suit des cours de dessin à Paris pour perfectionner son art.
Doués, sérieux et travailleurs, les deux hommes s'apprécient et parviennent au même constat: l'automobile, c'est l'avenir. Ils ont 30 ans passés, de l'expérience et une même volonté de réussir. En 1905, ils fondent une société en nom collectif (leurs capitaux sont maigres), Marchand et Letourneur, et s'installent à Neuilly, boulevard Bineau sur l'île de la Jatte, dans les ateliers d'une maison en faillite. L'ouest parisien est à l'époque le centre de gravité de l'automobile mondiale. S'y regroupent constructeurs, carrossiers, accessoiristes et... clients des beaux quartiers.
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Au début, Marchand et Letourneur travaillent en sous-traitance pour d'autres carrossiers ou des constructeurs, plutôt que pour des particuliers. Grâce à leurs relations et à leurs compétences reconnues, les commandes affluent: entre 1905 et 1914, pas moins de 1 200 véhicules sont facturés et les premiers clients prestigieux apparaissent dès 1907. L'affaire prospère et, en 1915, les deux associés peuvent se rendre propriétaires des locaux. Jean-Arthur Marchand, plus jeune, est mobilisé dès décembre 1914. Il reviendra en 1919.
Entre-temps, la raison sociale a été modifiée en Letourneur et Marchand, plus agréable à prononcer. Le développement de l'automobile apporte un regain d'activité dans le domaine du luxe et de la création originale, car si les grands constructeurs, comme Citroën ou Renault, intègrent leurs activités de carrosserie, les hauts de gamme sont toujours habillés à l'unité, alors que le « style » commence à prendre une importance d'autant plus considérable que l'évolution est rapide et que les notions de confort, de prestige et d'aérodynamique confèrent au carrossier
au rôle déterminant. Plus l'automobile devient "de série", plus les carrossiers
Delahaye, Talbot, Hotchkiss, Duesenberg, Minerva,ИRolls-Royce, etc. Signe de sa nouvelle dimension, la maison Letourneur et Marchand ouvre un magasin
comptent pour une certaine élite soucieuse de paraître. Letourneur et Marchand va
devenir un des grands noms de cette activité, moins pour ses innovations
marquantes dans le domaine du style que pour l'élégance et la qualité des caisses
réalisées sur les plus prestigieux châssis: Hispano-Suiza, Voisin, Renault, Panhard,
d'exposition aux Champs-Élysées, dans la galerie de l'hôtel Claridge, séjour |
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parisien de l'élite internationale. |
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Entre la grande série et la réalisation unique se précise un marchéde semi- |
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série, qui regroupe les acheteurs de ce que l'on appellerait les modèles moyens |
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supérieurs, des châssis de qualité, de prix relativement élevé, que le coût d'une |
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carrosserie à Сl'unité rendrait inabordables. Letourneur et Marchand investit pour
produire en semi-série des carrosseries simplifiées, quoique élégantes et exclusives et, à partir de 1924, leur principal client sera Delage, installé à Courbevoie, donc très près de l'île de la Jatte. Ces voitures, proposées au catalogue du constructeur, ne sont pas signées Letourneur et Marchand, mais Autobineau, branche de l'affaire chargée de la production en petite série. Ce seul secteur emploiera jusqu'à 300 salariés.
Vers 1930, Marcel Letourneur, fils de l'un des fondateurs, rejoint la firme comme dessinateur. C'est l'apogée du classicisme, entre 1930 et 1933, avant la dictature de "l'aérodynamisme", et Letourneur et Marchand va souvent triompher avec la prestigieuse Delage D8, encore plus séduisante en version D8S. La chute de la production Delage, à partir de 1934, contraint Autobineau à travailler sur d'autres châssis, voire même à aborder les véhicules commerciaux, mais le groupe Delahaye-Delage est toujours un client privilégié. C'est précisément à l'entreprise Letourneur et Marchand que sont confiés la plupart des coaches D8.120 produits entre 1936 et 1939 et habillés de la superbe caisse Aérosport.
Après les problèmes des années d'occupation (pénuries, réquisitions du personnel), la firme reprend ses activités d'avant-guerre, mais le marché est visiblement moribond. La carrosserie de luxe ne peut qu'exporter et la concurrence
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est féroce. Après 1952, la disparition des châssis classiques condamne définitivement cette activité. La modification des monocoques pose de gros problèmes de poids et de coût. Pour le même prix, les modèles étrangers sont plus prestigieux. Après une tentative de produire des cabriolets Renault Frégate, pourtant homologués par le constructeur, Letourneur et Marchand se consacre à la fabrication de cabines de camions jusqu'en 1973.
3.Posez des questions d’après le texte et répondez les. Travaillez en paires.
4.Faites les phrases avec les mots suivants :
voir le jour, fonder une société en nom collectif, clients prestigieux, un menuisier, un regain d'activité, innovations marquantes, un rôle déterminant.
1.Créée au début du siècle, la maison LetourneurИet Marchand s'est consacrée ... .
2.Marchand, plus prosaïquement, apprendДle métier de charron, c'est-à-dire de constructeur ... . 3. En 1897, il entre chez Binder comme compagnon menuisier et
suit des cours de dessin à Paris pour ... . 4. L'affaire prospère et, en 1915, les deux associés peuvent se rendre ... . А5. Plus l'automobile devient "de série", plus les carrossiers comptent pour .... 6. Après les problèmes des années d'occupation (pénuries, réquisitions du personnel),бla firme reprend ses activités d'avant-guerre, mais le marché est ... . 7. Après une tentative de produire des cabriolets Renault Frégate, pourtant homologuésиpar le constructeur, Letourneur et Marchand se consacre à ... .5. Finissez les phrases suivantes :С
7. Rendez le contenu du texte.
Texte 2
1. Lisez les mots suivants et apprenez-les par coeur :
volumem de production – объем производства vocationf – призвание (назначение) performancef – успех, достижение desideratam – пожелания
cyclecarm – мотоцикл с коляской minoritéf – меньшинство
freinm – тормоз
2. Lisez et traduisez le texte.
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1910–1920 WANDERER 3/15 PUPPCHEN LA POUPEE DE CHEMNITZ
Venue tard à l'automobile, la firme Wanderer débute par un modèle à succès, efficace et sans prétention, la «Poupée». À mi-chemin du cyclecar et de la voiture, c'est, en 1914, une des premières tentatives, réussie, d'automobile populaire.
La marque Wanderer, qui rejoint en 1932 le groupe Auto Union et dont le volume de production est le deuxième après DKW, est issue d'une fabrique de bicyclettes située en Saxe, à Schönau, au voisinage de Chemnitz. Fondée en 1885, elle produit des cycles de qualité et, comme beaucoup d'autres firmes de ce secteur industriel, vient à la production de motocyclettes vers 1902, quand apparaissent de petits moteurs fiables à régime rapide.
La première automobile est proposée en 1911 sous la forme d'une voiturette
à vocation utilitaire, à deux places curieusement disposées en tandem, comme sur le cyclecar Bedelia de 1910 et la première QuadriletteИPeugeot de 1919. Pourtant,
elle est conçue comme une véritable voiture: son moteur est un 4 cylindres en ligne
aussi petite. Surnommée affectueusementДPuppchen («petite poupée») par ses utilisateurs satisfaits, elle rencontreбsur un marché allemand alors économiquement fort un succès tel que l'usine ne peut pas répondre à la demande.
de 1140 cm3 à soupapes d'admission en tête et échappement latéral donnant 12 ch à
1 800 tr/mn. La boîte de vitesses à 3 rapports est montée en bloc avec le moteur
(formule très moderne à l'époque). Cette mécanique permet à cette voiture de 700 kg d'atteindre 70 km/h, performanceАremarquable en son temps pour une voiture
Cédant aux desiderataиdes clients, la marque modifie son modèle en 1914,
plaçant les deux occupants côte à côte, ou presque, sur un nouveau châssis élargi et doté d'un moteurСplus puissant, totalement culbuté cette fois et porté à 15 ch au frein. Les qualités de la voiture, appelée alors 3/15 PS, ainsi que son surnom sont conservés. Des versions à trois, puis à quatre places apparaissent après 1916 sur un châssis allongé. La Puppchen, construite jusqu'en 1918, laisse le souvenir d'une excellente petite voiture populaire, aussi économique qu'un cyclecar, comme la Quadrilette de Peugeot ou la 5 CV Citroën en France. Au lendemain de la guerre, Wanderer entretient le concept en proposant un nouveau modèle, la W 8, de 1 300 cm3 et 20 ch, qui offre quatre places. Plus étoffée, la W 6, de 1550 cm3 et 24 ch, reste aussi dans la catégorie des voitures populaires, bien que ce qualificatif soit très relatif. En effet, dans le contexte économique désastreux de l'Allemagne du début des années vingt, une voiture même populaire n'est accessible qu'à une minorité de gens, aux revenus supérieurs à la moyenne. Ces deux modèles sont fabriqués jusqu'en 1924, époque où le rétablissement de la monnaie allemande marque le début de la reprise économique, après une période d'inflation délirante déclenchée en réplique à l'occupation de la Ruhr par la France.
En 1926, la nouvelle W 6 de 1 550 cm3 reçoit des freins sur les quatre roues. La firme construit de nouvelles usines près de Chemnitz afin de répondre à la demande croissante et propose le modèle W 10, une 4 cylindres à arbre à cames en tête, avec boîte en bloc, suivie de la W 10/2, une 2 litres de 40 ch. Cette montée en
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